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4 septembre 2004

Sharon Stone

Comment sont-ils venus à ce métier ? Entrés dans la carrière ?
Quels furent leurs premiers castings ? Leurs premiers rôles ?
Leurs premières interviews ? Leurs premières critiques ?
Travelling arrière sur les années d’éclosion des têtes d’affiche d’aujourd’hui.

 

par Olivier Bonnard

Amazone peroxydée, peau diaphane sous sa petite robe en tulle verte, pieds nus mignons et soignés, Sharon Stone, 46 ans, déploie un singulier mélange de transparence et de distance en interview : elle a beau tout dire, elle reste inaccessible ; elle a beau être tactile, elle reste froide. Détachée, retranchée dans un monde intime et secret. Sans doute l’expérience nouvelle de la maternité et celle, plus amère, de sa rupture d’anévrisme, il y a trois ans, ont-elles sensiblement déplacé ses priorités.

Dans «Catwoman», kitschissime film de super-héros, l’actrice joue quasiment son propre rôle : celui d’une icône de la beauté féminine déchue, priée de laisser la place à de plus fraîches. Manière clandestine, fielleuse, de condamner une industrie où les femmes sont livrées avec une date de péremption qui tend à s’amenuiser chaque année. Elle en sait quelque chose, elle qui a pris feu en bombe sexuelle à l’âge de 35 ans, pour s’éteindre trois ans plus tard, avec « Casino » : depuis le film de Scorsese, Sharon Stone vit sur sa légende.

Cette légende est née en un film : « Basic Instinct ». En une scène, même : celle de l’interrogatoire, où elle croise et décroise les jambes tout en tirant sur sa cigarette d’un air amusé. En un plan, en fait : celui où elle prouve aux policiers médusés qu’elle est une vraie blonde. C’est là que tout s’est scellé pour Sharon Stone. Pour le pire et pour le meilleur. Pour le pire parce qu’il lui restait à gagner le respect de ses pairs (Scorsese, avec « Casino », lui en donnerait bientôt l’occasion). Pour le meilleur, aussi, parce que « Basic Instinct » mit fin d’un seul coup à dix années de galère. Dix années au cours desquelles elle s’entend dire qu’elle n’est pas sexy et voit les bons rôles lui filer sous le nez. Dure et fragile, triomphante et tragique, la guerrière blonde nous raconte son histoire.


TéléCinéObs. – Comment vous est venue l’idée d’être actrice ?

Sharon Stone.
J’ai toujours voulu être actrice, aussi loin que je m’en souvienne. Je regardais tous les vieux films à la télé, ça me fascinait.

Vous avez poussé à Meadville, bourgade sans âme de Pennsylvanie. Quel genre de gamine étiez-vous ?
Un véritable freak (phénomène) ! Quand j’allais dans la cour de récré, j’emportais mes livres avec moi. Je n’étais pas très populaire, et je ne savais pas comment le devenir. Je me sentais gauche, pas à ma place.

D’autant plus que vous étiez une enfant surdouée…
En effet. Quand j’étais en CM1, j’ai été sélectionnée, avec d’autres gamins de mon école, pour participer à un programme visant à concevoir de nouvelles méthodes d’enseignement : le matin, on allait à l’école normalement ; l’après-midi, on nous faisait faire des jeux, des tests bizarres, et celui qui gagnait remportait un prix. On était comme des lapins en cage.

Vous êtes entrée à l’Université d’Edinboro, en Pennsylvanie, à l’âge de 15 ans…
J’allais au lycée et à la fac en même temps. C’était affreux : au lycée, je faisais peur aux autres élèves ; à la fac, je les faisais rigoler. Je courais dans tous les sens pour arriver à concilier les deux emplois du temps. Pour couronner le tout, mes profs de lycée ont eu la brillante idée de me faire donner des cours de soutien à des élèves en difficulté. Je n’ai pas tardé à m’apercevoir que la moitié d’entre eux savaient à peine lire, qu’ils étaient passés entre les mailles du système sans qu’on s’aperçoive de leurs lacunes. Les gamins étaient aussi gênés que moi parce que j’étais censée être leur égale, leur pair, et que, désormais, je connaissais leur secret honteux.

A l’âge de 19 ans, vous laissez Meadville derrière vous et partez pour New York… Oui, j’y ai commencé une carrière de mannequin à l’agence Ford, mais j’aurais pu aussi bien aller faire le pingouin en Alaska si ça m’avait permis de m’arracher à Meadville ! Je n’en pouvais plus d’être celle qui était différente. Mais je me suis vite lassée de faire le mannequin, et je me suis lancée dans le cinéma.

Ça a plutôt bien commencé, avec un petit rôle dans « Stardust Memories », de Woody Allen. Plus tard, vous avez comparé cette expérience à la perte de votre virginité… Oui, je jouais cette jeune femme à chapeau qui plaque un baiser contre la vitre du train, alors que celui de Woody part dans l’autre sens. La fille qui devait jouer le rôle ne s’est pas présentée, et Woody, qui m’avait repérée parmi les figurants, m’a proposé de la remplacer.

A-t-il donné des conseils à la débutante que vous étiez alors ? Pas vraiment, mais il était très bienveillant. Je crois qu’il a compris que le cinéma était plus qu’un hobby pour moi, que c’était ce que je voulais faire de ma vie. Et, alors qu’il n’avait probablement besoin de moi que pour quelques jours, il a fait en sorte que je passe deux ou trois semaines sur le film. Ça m’a permis de m’imprégner de l’atmosphère d’un tournage, de vérifier que je ne m’étais pas trompée de voie.

Votre premier rôle parlant, c’est dans un film d’horreur de Wes Craven, « la Ferme de la terreur », où vous jouez une victime. C’est vrai. Ce film mis à part, je me suis toujours débrouillée pour éviter ce genre de rôles parce qu’ils renvoient une image de la femme que je ne souhaite pas cautionner : il y a des femmes qui aiment se poser en victimes, mais pas moi, c’est trop facile.

Grosso modo, vous avez connu dix années de galère avant de percer avec «Total Recall». Où avez-vous trouvé la force de continuer à y croire ? – A un moment, j’ai failli baisser les bras. J’ai alors appelé mon agent, et je lui ai demandé son avis : «Est-ce que ça vaut le coup que je m’accroche ? J’ai l’impression que ça ne marchera jamais...» Elle m’a répondu : «Tu as raison, tu ferais mieux d’abandonner»

Mais vous ne l’avez pas écoutée. Non, je l’ai virée ! Ça m’a réveillée, je me suis dit que c’était peut-être ça, le problème : que j’étais mal entourée, entourée de gens qui ne croyaient pas en moi.

Pourtant, vous avez beau enchaîner les auditions, rien n’y fait : tous les rôles intéressants vous passent sous le nez… Oui. Pour «Liaison fatale», on m’a préféré Glenn Close ; pour «Batman», Kim Basinger ; pour «Dick Tracy», Madonna… Je continue ?

Un jour, un réalisateur vous déclare même que vous n’êtes pas assez sexy ! [Elle prend un air amusé ] Oh, mais plein de réalisateurs m’ont dit ca.

En guise de riposte, vous posez nue pour « Playboy », alors que vous avez déjà plus de 30 ans. Plutôt risqué, non ? Oui, mais je me suis dit que les hommes sont comme ils sont et que, si je leur montrais mes nichons, ils seraient contents.

Et vous avez eu raison : Paul Verhoeven, enchanté par lesdites photos, vous offre le rôle de la dangereuse épouse d’Arnold Schwarzenegger dans «Total Recall» … Oui. J’ai reçu un coup de fil, on m’a expliqué qu’il s’agissait d’un film d’action. J’ai commencé par décliner : j’en avais ma dose, de l’action. Et puis on m’a expliqué que le réalisateur était Paul Verhoeven. J’ai dit : « Oh, le Paul Verhoeven de “Spetters”… » Et on m’a répondu : « Non, le Paul Verhoeven de “RoboCop”. » Quels crétins ! Je leur ai expliqué qu’il s’agissait du même, que Verhoeven avait eu une vie et une carrière avant de quitter les Pays-Bas pour Hollywood. Bref, je suis allée voir Paul. Je me souviens que je portais une combinaison moulante noire et de très hauts talons : on me disait toujours de me faire plus petite que je n’étais, d’être discrète, histoire de ne pas effrayer les mâles qui tiennent les rênes de cette industrie, mais je savais que Paul comprendrait. Quand je suis entrée dans son bureau, il en a eu le sifflet coupé. Je lui ai dit que j’adorais ses films. Il m’a dit : «Quoi ? “RoboCop” ?» Je lui ai dit : «Non, “Spetters” ! Et “le Quatrième Homme”, “le Choix du destin”…» Il n’en revenait pas. Il m’a demandé si j’étais à l’aise dans l’action, et je lui ai répondu que j’étais un peu fatiguée par le genre mais que, pour lui, j’étais prête à faire un effort. Il m’a dit : «Vous êtes particulière» Je lui ai répondu : «Oui, c’est ce qu’on dit…» Et je suis partie. Le rôle était pour moi.

Comment vous êtes-vous préparée à casser la figure à Arnold Schwarzenegger ? Eh bien, je me suis précipitée chez Easton’s Gym, une salle de musculation à l’ancienne : tout ce que vous pouvez y entendre, c’est le bruit sourd des poids qu’on laisse retomber. Je faisais du bodybuilding tous les jours, du karaté trois fois par semaine. Après deux ou trois mois de ce régime, je faisais dans les 65 kilos, tout en muscles, et je pouvais soulever plus de 15 kilos avec un seul bras. Pourtant, tous ces efforts n’ont pas suffi : on tournait à Mexico City, à plus de 2 500 mètres d’altitude, et j’avais le souffle court. En plus, Arnold était plus grand que je ne l’imaginais, et je n’étais pas préparée à placer des coups de pied au visage aussi hauts. Il a donc encore fallu que je travaille mon coup de pied, à plus de 2 500 mètres d’altitude.

Ce qui est amusant, avec « Total Recall », c’est que vous jouez, à peu de choses près, un brouillon du personnage que vous interpréterez, toujours sous la direction de Paul Verhoeven, dans « Basic Instinct »… C’est vrai : une dangereuse manipulatrice qui joue avec un brave type comme un chat avec une souris. Sauf que dans « Basic Instinct », c’est moi qui gagne…

Comment avez-vous décroché le rôle de Catherine Tramell, l’héroïne de « Basic Instinct » ? Je m’étais procuré le scénario et je voulais absolument jouer ce personnage. Or même si je venais de faire « Total Recall » avec lui, je doutais que Paul me donne le rôle. Je me suis donc arrangée pour repousser la postsynchronisation de « Total Recall » jusqu’à ce que les auditions pour « Basic Instinct » commencent. Quand ce moment est arrivé, je me suis habillée exactement comme j’imaginais le personnage : j’avais une coiffure pas possible, un maquillage étudié, une robe de cocktail sophistiquée, et je me suis présentée pour la postsynchro de « Total Recall » en espérant que Paul serait frappé et verrait en moi Catherine Tramell. Mais je n’ai rien dit. A la fin de la journée, Paul m’a escortée à ma voiture et m’a dit : « J’aimerais te faire auditionner pour “Basic Instinct”, mais le studio ne croit pas en toi. Et tu sais pourquoi ? Parce que toi-même tu ne crois pas en toi. »

Comment avez-vous réagi ? Je me suis effondrée en larmes. Il avait vu juste, comme à travers moi. Plus tard, je l’ai rappelé pour lui promettre que j’allais changer. Et il a organisé une audition pour moi. Michael Douglas a refusé d’y participer, donc Paul a joué le rôle à sa place. Il a ensuite montré l’audition à Michael et aux gens du studio, mais il a fallu huit mois avant qu’ils se décident à me donner le rôle. Les actrices connues, comme Michelle Pfeiffer, Geena Davis ou Julia Roberts, l’ont toutes refusé, parce que c’était un rôle dangereux, mais les jeunes actrices, elles, le voulaient désespérément. Finalement, Michael a reconnu que mon audition était la meilleure, et il a enfin accepté de me rencontrer.

On n’explose pas dans un film comme vous l’avez fait avec celui-là sans entretenir de véritables affinités avec le personnage. Qu’avez-vous personnellement apporté à cette Catherine Tramell ? Je l’ai jouée comme je la voyais, comme quelqu’un d’incivil, quelqu’un qui ne filtre pas sa pensée et dit les choses comme elle les sent, et s’amuse des réactions que cela provoque. Catherine porte un regard entomologique sur le monde, ce qui est le propre des sociopathes.

Comment avez-vous réagi en découvrant le film fini ? [Long silence ] J’ai eu un choc. Parce que je n’étais pas consciente de ce que je faisais pendant qu’on tournait, et que je n’avais aucune idée de l’impact que ça aurait. Quand j’ai vu à quel point le film me mettait en valeur, j’étais aux anges. Quand j’ai vu à quel point le film faisait réagir les gens, j’étais stupéfaite. Quand j’ai vu à quel point le film dévoilait mon intimité plein cadre, dans la scène de l’interrogatoire, j’étais horrifiée…

Vous voulez dire que Paul Verhoeven vous a extorqué ce plan ? Oui, je pensais que le film resterait suggestif.

Tout de même, quand Verhoeven vous a demandé d’ôter votre petite culotte, vous deviez bien vous douter de quelque chose, non ? Non, parce qu’il m’a demandé de la retirer au motif qu’elle était blanche et risquait donc de réfléchir la lumière. Il m’a dit qu’il avait peur qu’on la voie, ce qui aurait posé un problème de raccord avec la scène précédente, où Nick m’épie alors que je m’habille et constate que j’enfile ma robe sans sous-vêtements. Bref. J’étais en colère, mais en même temps, je me disais qu’à sa place, j’aurais fait pareil. Je ne savais plus quoi penser. Il y avait un tel phénomène autour de ce film. J’ai su, en le voyant, que j’allais devenir une énorme star. On n’avait encore jamais vu un personnage comme Catherine Tramell, une méchante aussi séduisante, attachante, même.

Pas de contrecoup ? Après tout, vous aviez enfin, à 35 ans, ce que vous cherchiez depuis tant d’années – la célébrité –, et il vous fallait vous inventer de nouveaux rêves… Non, au contraire, je me sentais régénérée, vorace, enthousiaste, surexcitée. Le monde m’appartenait. Ce n’est qu’après « Casino » que j’ai eu le sentiment d’avoir vraiment atteint le plus beau de mes rêves.

Dans « Casino », vous jouez une pute rouée qui cause la perte d’un patron de casino à l’ancienne joué par De Niro. Le film vous a valu de décrocher votre première et unique nomination aux Oscars. Comment avez-vous rencontré Scorsese ? Comment êtes-vous entrée dans sa famille d’acteurs ? Ça n’a pas été facile parce que Marty [Scorsese] et Bob [De Niro] ont commencé par me poser lapin sur lapin : j’allais à ces entretiens pour les rencontrer, mais ils n’étaient jamais là. Je veux dire, j’attendais trois ou quatre heures à chaque fois, et je finissais par me précipiter dans ma voiture, où je m’effondrais en larmes. Je ne comprenais pas à quoi ils jouaient, tous les deux. OK, je n’avais peut-être pas fait que des chefs-d’œuvre, mais ce n’était pas une raison pour me traiter comme une sous-merde. Au bout d’un moment, j’en ai eu marre. Le directeur de casting m’a appelée pour une nouvelle audition, et je lui ai dit qu’ils pouvaient m’oublier. Marty m’a fait immédiatement rappeler pour savoir où j’étais. J’ai fini par lâcher le nom du restaurant où je me trouvais. Comme j’étais horrifiée à l’idée que Marty puisse m’y rejoindre, j’ai demandé à la serveuse de retirer toutes les chaises libres près de ma table. Marty s’est pointé, l’absence de chaises ne l’a pas découragé, il est resté planté là, debout devant la table, et m’a dit : « J’ai vu tous vos films. » Moi, dans mon amertume, je lui réponds qu’il a dû y prendre bien du plaisir, je lui demande ce qu’il a pensé des « Mines du roi Salomon », mon chef-d’œuvre. Et là, il me dit qu’il me trouve drôle, et que quelqu’un devrait exploiter ma fibre comique. J’étais interloquée. Et, toujours debout devant ma table, il a commencé à décortiquer chacune de mes performances, dans chacun de mes films. Il avait vu tous mes films. Tous !

Comment avez-vous réagi ? J’ai fini par lui proposer une chaise. J’étais tellement bouleversée que j’ai cru que j’allais lui vomir dessus. Il m’a demandé de venir chez lui lire une scène avec Bob, je lui ai fait promettre qu’ils seraient là tous les deux. Enfin, j’ai pu auditionner pour le rôle de Ginger, et… je n’ai pas été très bonne. Je n’ai pas osé aller jusqu’au bout de la violence du personnage : il aurait fallu que je me lâche complètement, que je me mette à frapper Bob et Marty (qui jouait le rôle de Joe Pesci), que je leur balance des trucs à la tête… Bref, que je fasse tout ce que vous n’êtes pas censé faire lorsque vous essayez de décrocher un job. Je leur ai expliqué tout ça, et je les ai laissés discuter entre eux. Après l’audition, je suis partie en Italie, et j’ai eu une sorte de… d’expérience mystique. L’avion survolait les Alpes suisses, il devait être midi, il faisait un soleil radieux, et d’un seul coup, j’ai senti Ginger, mon personnage de « Casino », se couler à côté de moi, et on a eu cette… conversation. Je lui ai dit que je savais que c’était à elle – c’est-à-dire à moi – de décider si elle voulait que je l’interprète, et non à Marty et Bob. Elle m’a donné sa bénédiction et, à ce moment-là, j’ai su que j’allais faire le film. Quand je suis rentrée aux Etats-Unis, Marty et Bob m’ont appelée pour me dire que j’avais le rôle, mais je savais que c’était dans l’avion que tout s’était joué.

Catherine Tramell et Ginger, vos personnages de « Basic Instinct » et « Casino », les deux personnages qui vous ont imposée, sont des femmes qui défient les conventions, des femmes qui ignorent le politiquement correct… Je ne crois pas au «politiquement correct» : c’est un oxymore.

La plupart des actrices qui ont joué sur leur sexualité sont mortes, à commencer par la Marilyn que vous vouliez devenir quand vous étiez petite. Comment se fait-il que vous ayez survécu ? [Amusée] Oh, mais je suis morte. Plusieurs fois. Simplement, je me suis toujours arrangée pour revenir.

Propos recueillis par Olivier Bonnard, à Los Angeles.
Remerciements à Cécile Léobon et Maureen O’Malley.

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“J’ai toujours voulu être actrice, aussi loin q

ue je m’en souvienne. Je regardais tous les vieux films à la télé, ça me fascinait.”